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Devoxx 2024 : les Keynotes du jeudi

Je vais présenter ici les points principaux que j’ai pu retenir des Keynotes du jeudi 18 avril de la Devoxx 2024 auxquelles j’ai pu assister.

Keynote « Programming’s Greatest Mistakes » par Mark Rendle

Mark présente quelques grosses erreurs qui ont marqué l’histoire du développement. Il s’agit souvent de problèmes de représentation d’informations en mémoire comme par exemple :

  • Le bug de l’an 2000 ou « Y2K » où l’année d’une date n’était représentée que par 2 caractères pour optimiser de la place : estimation de 500 milliards US$ en correction. D’autres à prévoir : 2038 ou « Epochalypse » où le nombre de secondes depuis le 1er janvier 1970 aura dépassé la taille d’un entier signé !
  • Le bug « Kennel Club « Dog 38″ » où le « numéro » du chien était stocké sous forme de chiffre romain sur 6 caractères (et 38 = « XXXVIII » en utilise 7 😅)
  • La perte du « Mars Climate Orbiter » (~ 327 millions US$) due au fait qu’un composant délivrait une donnée (la force du propulseur) qu’il considérait en « livre-force · seconde » alors qu’un autre composant qui lisait l’information la considérait en « newton · seconde » !

Il conclut avec l’anecdote de Stanislav Petrov qui, le 26 septembre 1983, était officier de garde d’un système russe de détection de lancement potentiels de missiles nucléaires américains. Ce jour là, le système détecte des lancements de missiles, mais Stanislav refuse d’appliquer la procédure et indique à ses supérieurs qu’il pense que c’est une fausse alerte. Il s’avéra plus tard qu’en effet, il s’agissait d’une interprétation erronée de la réflexion des rayons du soleil sur les nuages, confondue avec le dégagement d’énergie au décollage de missiles. Ce refus de croire l’alerte de l’ordinateur a peut-être ce jour là sauvé le monde d’une guerre nucléaire 😅

Keynote « Un monde shooté aux métaux » par Guillaume Pitron et Agnes Crepet

Guillaume puis Agnès présentent comment notre société dépend des métaux en général et des métaux dits « rares » en particulier. Voici quelques informations que j’ai retenues :

  • Pour 1g de nos téléphones portables, il a fallu extraire 1200g de matière du sol ;
  • Nos sociétés dépendent d’environ 60 métaux différents contre 7 dans l’antiquité ;
  • 70% du cobalt dans le monde est produit en République Démocratique du Congo ;
  • La commission européenne veut ré-ouvrir des mines en Europe notamment pour couvrir 10% de ses besoins en métaux rares ( « Critical Raw Materials Act » ) ;
  • Des pressions géopolitiques peuvent survenir comme la Chine qui restreint ses exportation de Germanium et de Gallium ;
  • Il peut être contre-productif de sanctionner un pays entier en tant que producteur pour mauvaise pratique car le marché noir va alors y être plus florissant. Fairphone a privilégié de payer directement les producteurs afin qu’ils puissent par eux-mêmes mieux développer leur production ;
  • Il y a 3€ de métaux (seulement) dans un iPhone -> l’occasion d’augmenter un peu ce coût au profit d’une meilleure exploitation ?

Une des conclusions était que pour moins peser dans le bilan carbone général d’un smartphone, il faudrait chercher à augmenter leur durée de vie, en particulier la partie logicielle (surtout l’OS) qui pèche en ce moment et donc d’en augmenter la maintenance.

J’aborderai dans un autre article les autres points que j’ai pu retenir d’autres conférences lors de cette journée.